À surface égale, deux maisons ne paieront jamais exactement la même prime d’assurance. Mais la taille du logement reste l’un des premiers critères qui font varier le tarif. Entre 90 m², 100 m², 120 m² ou 150 m², la différence de prix peut être modérée… ou très nette, selon la valeur des biens, le niveau de garantie et la manière dont vous avez rempli votre questionnaire. Comprendre ce qui se joue derrière ces chiffres vous évite de surpayer, mais aussi de vous retrouver sous-assuré en cas de sinistre.
Pourquoi la surface fait (vraiment) varier le prix de l’assurance maison
Lorsque vous déclarez 90 m², 100 m², 120 m² ou 150 m² à votre assureur, vous ne donnez pas qu’une information de surface. Vous donnez des indices sur :
- Le nombre de pièces et donc le volume de biens à indemniser
- La valeur potentielle du bâti (coût de reconstruction)
- La probabilité statistique de certains sinistres (dégâts des eaux, cambriolage, incendie, etc.)
- Le type d’occupation (résidence principale, secondaire, maison louée, etc.)
Pour votre assureur, une maison plus grande signifie généralement :
- Plus de mètres carrés à remettre en état après un sinistre
- Plus de pièces à équiper, donc un mobilier et de l’électroménager potentiellement plus nombreux
- Davantage de points d’entrée (portes, fenêtres, baies vitrées) à sécuriser
Concrètement, cela se traduit par :
- Une base d’indemnisation potentielle plus élevée (bâtiment + contenu)
- Une prime annuelle qui augmente à mesure que la surface et la valeur assurée augmentent
La surface n’est pas le seul facteur, mais elle sert souvent de “socle” à partir duquel l’assureur ajuste la prime. Deux maisons de 120 m² ne paieront pas le même tarif si l’une est un pavillon standard en périphérie et l’autre une villa haut de gamme avec piscine et dépendances. En revanche, à garanties identiques et dans une même zone géographique, la maison de 150 m² coûtera mécaniquement plus cher à assurer que celle de 90 m².
90 m², 100 m², 120 m², 150 m² : comment la prime évolue selon la surface
Il n’existe pas de grille tarifaire universelle. Chaque assureur a ses propres modèles de calcul. Toutefois, on observe des tendances communes selon les tranches de surface. Voici comment ces formats de maison typiques influencent le prix, avec des ordres de grandeur et surtout les raisons de ces écarts.
Assurer une maison de 90 m² : le “petit” standard familial
Une maison de 90 m² correspond souvent à :
- Un foyer de 2 à 3 personnes
- Un nombre de pièces limité (3 à 4 pièces principales)
- Un volume de biens mobiliers relativement contenu
En pratique, une maison de 90 m², en périphérie de ville de taille moyenne, correctement entretenue, sans caractéristiques particulières (ni piscine, ni dépendance luxueuse), se situe généralement dans la tranche de prix basse à médiane des assurances habitation.
Les facteurs tarifaires typiques pour 90 m² :
- Moins de surface à reconstruire en cas d’incendie total
- Moins de pièces à indemniser en cas de dégât des eaux généralisé
- Souvent moins de biens de grande valeur concentrés au même endroit
Cela dit, une maison de 90 m² en plein centre d’une grande ville, dans un quartier très exposé aux cambriolages, ou au contraire dans une zone à fort risque inondation, peut tout à fait coûter plus cher à assurer qu’une maison plus grande, mais mieux située.
Assurer une maison de 100 m² : le format le plus courant
Les maisons de 100 m² constituent souvent le “cœur de marché” des assureurs habitation. On y trouve :
- Beaucoup de résidences principales de familles avec 1 ou 2 enfants
- Une valeur de contenu moyenne mais significative (mobilier, électronique, électroménager, parfois quelques objets de valeur)
- Un nombre de pièces principal suffisant pour multiplier les risques (cuisine, salon, plusieurs chambres, parfois un bureau)
Le passage de 90 à 100 m² ne fait pas exploser la prime, mais il peut entraîner :
- Une hausse progressive de la valeur de reconstruction déclarée
- Une augmentation de la “capacité d’indemnisation” des biens mobiliers, car plus de surface signifie souvent plus d’équipements
Sur le plan tarifaire, la différence entre 90 et 100 m² reste généralement modérée à garanties constantes. Ce qui va davantage peser :
- Le niveau de couverture (formule économique vs tous risques)
- La prise en compte ou non des extérieurs (garage, abri de jardin, terrasse couverte, etc.)
- La présence ou non de systèmes de sécurité (alarme, volets sécurisés, porte blindée)
Une erreur fréquente à ce stade : sous-estimer la valeur de son mobilier et choisir un plafond d’indemnisation trop faible. Ce n’est pas directement lié aux 100 m², mais il y a souvent un décalage entre la surface “correcte” et une couverture mobilière insuffisante.
Assurer une maison de 120 m² : plus de pièces, plus de biens, plus d’enjeux
Avec 120 m², on change souvent de catégorie :
- Nombre de pièces plus important (chambres supplémentaires, bureau, salle de jeux, etc.)
- Présence plus fréquente d’équipements coûteux (cuisine haut de gamme, électroménager premium, home cinéma, etc.)
- Possibilité de dépendances intégrées (garage attenant, cellier aménagé, grenier partiellement exploité)
Ce surplus de surface s’accompagne très souvent d’un :
- Rehaussement du capital mobilier assuré
- Rehaussement de la valeur de reconstruction du bâti
- Relèvement des plafonds d’indemnisation par sinistre
Dans les simulateurs, le passage de 100 à 120 m² peut conduire à une hausse de prime plus marquée, car vous entrez dans une catégorie de risque où :
- Les montants d’indemnisation possibles deviennent significatifs pour l’assureur
- Les garanties optionnelles (jardin, équipement extérieur, dépendances, piscine éventuelle) sont plus souvent activées
C’est aussi dans ces configurations que les assureurs vont plus scrupuleusement vérifier :
- Les systèmes de sécurité
- La localisation précise (quartier résidentiel, lotissement, zone isolée)
- La qualité de la construction (matériaux, date de construction, rénovations)
Une maison de 120 m² bien équipée, située dans une zone à sinistralité moyenne, peut coûter autant, voire plus cher à assurer qu’une maison plus grande, mais moins “luxueuse” ou mieux sécurisée.
Assurer une maison de 150 m² : un palier tarifaire symbolique
Autour de 150 m², on bascule souvent dans un profil “maison de standing” ou grande maison familiale. Ce n’est pas une règle absolue, mais statistiquement :
- Le capital mobilier est nettement plus élevé (plus de pièces, plus d’équipements, parfois des œuvres d’art ou collections)
- Le niveau de gamme du bâti et des finitions est supérieur à la moyenne
- Les extérieurs sont plus développés (grand jardin, terrasse, parfois piscine, pool house, abri voiture, etc.)
Tout cela se traduit par :
- Un capital immobilier déclaré important (coût de reconstruction au m² souvent plus élevé)
- Un besoin de garanties plus étendues (vol, vandalisme, dommages électriques, bris de glace, objets de valeur, etc.)
- Des plafonds d’indemnisation supérieurs, parfois avec des garanties spécifiques (piscine, installations solaires, dépendances aménagées)
Les hausses de prime au-delà de 120 m² ne sont généralement pas linéaires. L’assureur intègre le fait qu’un sinistre majeur (incendie, inondation importante, cambriolage conséquent) aura un coût moyen beaucoup plus élevé sur 150 m² que sur 90 m².
Autre point : sur ce type de surface, les compagnies sont plus vigilantes sur la cohérence entre :
- La surface déclarée
- La valeur des biens assurés
- Le niveau de garanties choisi
Une grande maison de 150 m² peu ou mal couverte peut vous exposer à des indemnités très insuffisantes en cas de sinistre lourd. À l’inverse, sur-assurer de manière disproportionnée peut faire grimper la prime sans bénéfice réel.
Au-delà de la surface : les autres critères qui pèsent sur le prix
Se focaliser uniquement sur 90 m², 100 m², 120 m² ou 150 m² est une erreur. La surface est un point de départ, pas un tarif en soi. D’autres paramètres, parfois plus lourds, viennent renchérir ou alléger la note.
La localisation géographique de la maison
Une maison de 100 m² à la campagne dans une zone peu sinistrée peut coûter moins cher à assurer qu’un 90 m² en centre-ville exposé à :
- Un taux de cambriolage élevé
- Des risques d’inondation (proximité d’un cours d’eau, zone classée à risque)
- Des événements climatiques fréquents (grêle, tempêtes violentes)
Les assureurs utilisent des cartes de risques très fines, parfois à l’échelle du quartier, voire de la rue, pour ajuster la prime. Deux maisons identiques de 120 m² à quelques centaines de mètres d’intervalle peuvent ne pas payer le même tarif si l’une se trouve en zone inondable et pas l’autre.
Le type de construction et l’état du bâti
Le coût de reconstruction au mètre carré varie fortement selon :
- Les matériaux utilisés (ossature bois, parpaing, pierre, béton, etc.)
- Le niveau de finition (standard vs haut de gamme)
- La présence d’équipements techniques coûteux (domotique, plancher chauffant, panneaux solaires, etc.)
Un 150 m² construit avec des matériaux standards peut parfois coûter en prime annuelle équivalente à un 120 m² très haut de gamme, car l’indemnisation en cas de sinistre sera plus coûteuse pour ce dernier.
L’état du logement compte également :
- Installation électrique récente ou vétuste
- Toiture en bon état ou à rénover
- Isolation et système de chauffage modernes ou obsolètes
Un habitat ancien, mal entretenu ou non rénové sur le plan électrique ou de la plomberie peut voir sa prime augmenter, ou certaines garanties assorties de franchises plus lourdes.
Le niveau de garanties et d’options choisi
À surface identique, les écarts de prix viennent surtout des garanties que vous activez :
- Formule de base (incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile) vs formule tous risques
- Couverture du vol et du vandalisme ou non
- Prise en charge du jardin, des dépendances, de la piscine, des installations extérieures
- Garantie objets de valeur, bijoux, œuvres d’art, matériel professionnel
- Assistance (logement de remplacement, aide à domicile temporaire, etc.)
Plus votre logement est grand (120 ou 150 m²), plus vous aurez de biens et d’équipements à protéger, et plus les formules de base risquent d’être insuffisantes. Le surcoût lié aux options sera donc mécaniquement plus fréquent sur les grandes surfaces.
La franchise et les plafonds d’indemnisation
Deux maisons de 100 m² peuvent avoir des primes très différentes si :
- La franchise appliquée en cas de sinistre est de 150 € chez l’un et de 500 € chez l’autre
- Les plafonds d’indemnisation des biens mobiliers sont de 40 000 € dans un contrat et 80 000 € dans l’autre
Généralement :
- Plus la franchise est basse, plus la prime annuelle est élevée
- Plus les plafonds d’indemnisation sont hauts, plus la prime augmente
Sur des maisons de 150 m², on voit souvent des plafonds et garanties relevés, ce qui contribue à renchérir le tarif global, indépendamment de la surface.
Le profil de l’occupant et l’usage de la maison
Les assureurs tiennent compte :
- De la fréquence d’occupation (résidence principale vs secondaire)
- Du nombre d’occupants et de leur profil (famille, colocation, utilisation professionnelle partielle, etc.)
- Des antécédents de sinistres déclarés
Une maison de 120 m² utilisée partiellement pour une activité professionnelle (bureau, cabinet de consultation, atelier) ne sera pas tarifée comme une maison purement résidentielle de même surface. Des garanties spécifiques ou un contrat professionnel peuvent être nécessaires.
Comment optimiser le prix de votre assurance maison selon la surface
Que vous habitiez 90 m² ou 150 m², l’objectif reste le même : payer le “juste prix” pour une couverture réellement adaptée. Il ne s’agit ni de souscrire la formule la moins chère possible, ni de cocher toutes les options “au cas où”, mais d’aligner vos garanties sur la réalité de votre logement et de vos besoins.
Déclarer une surface exacte et cohérente
La tentation de minorer légèrement la surface est réelle chez certains assurés, dans l’idée de grappiller quelques euros. C’est une très mauvaise stratégie. En cas de sinistre majeur, l’expert missionné par l’assureur vérifiera la surface réelle et pourra :
- Appliquer une règle proportionnelle de capitaux (vous êtes indemnisé partiellement, au prorata de ce que vous auriez dû payer)
- Éventuellement refuser la prise en charge en cas de fausse déclaration caractérisée
À l’inverse, surestimer la surface ou le capital mobilier peut vous faire payer trop cher, sans bénéfice réel au moment de l’indemnisation. Visez une déclaration précise et justifiable (plans, diagnostics, actes notariés).
Ajuster vos capitaux mobiliers à la réalité
Pour chaque tranche de surface (90, 100, 120, 150 m²), prenez le temps de lister :
- Vos principaux biens (meubles, électroménager, électronique, matériel informatique, instruments de musique, etc.)
- Les objets de valeur (bijoux, montres, œuvres, collections, matériel pro)
- Les équipements spécifiques (home cinéma, cave à vin, équipements sportifs coûteux)
Ensuite :
- Choisissez un capital mobilier cohérent avec cette liste, sans exagération
- Identifiez si certains objets doivent être déclarés séparément pour être bien couverts
- Vérifiez les plafonds par type de biens (bijoux, matériel informatique, etc.)
Une grande maison de 150 m² avec peu de biens de valeur ne doit pas nécessairement supporter un capital mobilier exorbitant, alors qu’un 100 m² très “équipé” peut nécessiter des plafonds élevés.
Travailler sur la sécurité pour faire baisser la note
La sécurité impacte fortement le prix, en particulier sur les maisons de grande surface où le potentiel de vol est plus élevé. Pour 120 ou 150 m², investir dans la sécurité peut générer de vraies économies sur la durée :
- Installation d’un système d’alarme certifié
- Pose de volets roulants sécurisés ou de barreaux pour certaines fenêtres
- Remplacement de la porte d’entrée par une porte blindée
- Éclairage extérieur avec détecteur de mouvement
De nombreux assureurs appliquent des réductions de prime lorsque ces équipements sont présents, surtout si la maison est située en zone à risque de cambriolage.
Choisir des franchises adaptées à votre budget et à votre surface
Sur une petite maison de 90 m², multiplier les sinistres de faible ampleur (petits dégâts des eaux, bris de vitre mineurs) peut vite coûter cher si la franchise est trop élevée. À l’inverse, dans une maison de 150 m², vous pouvez accepter une franchise plus importante pour réduire la prime, à condition d’être capable d’en assumer le montant en cas de sinistre.
La bonne approche :
- Simuler plusieurs niveaux de franchise
- Mesurer l’économie réalisée sur la prime annuelle
- Vérifier que la franchise reste supportable pour votre trésorerie en cas de sinistre
Ce jeu sur la franchise est souvent plus intéressant que de rogner sur les garanties essentielles.
Comparer les offres en tenant compte de votre vraie configuration (et pas seulement des m²)
Deux devis pour une maison de 120 m² ne sont pas comparables si l’un inclut une garantie vol étendue, des plafonds élevés pour les objets de valeur et une assistance complète, quand l’autre se limite aux risques de base. Pour obtenir une vision claire, il est indispensable de :
- Remplir vos demandes de devis avec des informations identiques (surface, valeur des biens, garanties souhaitées)
- Comparer poste par poste (garanties, plafonds, exclusions, franchises)
- Analyser le rapport entre le prix et le niveau réel de protection
Pour aller plus loin et comprendre comment les assureurs construisent leurs tarifs selon la surface, la localisation et les garanties, vous pouvez consulter notre dossier complet pour décrypter le prix d’une assurance habitation pour votre maison, qui détaille les mécanismes de calcul et les stratégies pour payer moins sans réduire la qualité de votre couverture.
En résumé, la surface de votre logement (90, 100, 120 ou 150 m²) donne la tendance de la prime, mais le vrai levier se situe dans l’ajustement des garanties, des capitaux assurés, de la sécurité et des franchises. C’est cet ensemble qu’il faut piloter avec méthode pour que votre assurance maison soit à la fois protectrice et financièrement optimisée.
